Définir ce que le calendrier doit protéger
Commencez par la décision qui ne pourra plus attendre : une revue de résultats, un transfert à une autre équipe ou la fin de la période de location. Nommez pour chaque projet la personne habilitée à accepter son résultat. Une date de remise n’est pas simplement une date de fin du calcul : la relecture et la récupération des fichiers doivent déjà y trouver leur place.
Distinguez ensuite la disponibilité de la machine et celle des personnes. Un calcul peut parfois avancer la nuit, mais votre équipe peut exiger une présence pour un premier lancement ou une validation. Écrivez cette contrainte au lieu de compter toutes les heures du forfait comme des heures de travail interchangeables. Le calendrier est une convention interne à confirmer, pas un engagement de fourniture de Capordia.
Collecter une estimation exploitable, avec son origine
Pour chaque travail, notez les entrées attendues, l’heure à laquelle elles seront réellement prêtes, le nombre de cartes simultanées, la mémoire par carte et les besoins de transfert. Ajoutez une estimation d’occupation de la ressource depuis le début du chargement jusqu’à sa libération. Séparez les tâches de préparation qui peuvent être faites avant cette occupation : cela évite de réserver une carte pendant une attente administrative.
Indiquez si l’estimation vient d’un essai comparable, d’une extrapolation ou d’une simple hypothèse. Une ancienne durée n’est comparable que si les données, versions, réglages et ressources utiles sont suffisamment proches. En l’absence de relevé, marquez une fourchette à valider ; n’affichez pas une précision à la minute qui suggérerait une mesure. Réservez un petit essai de qualification lorsque son résultat change le choix du calendrier.
Passer du volume total aux créneaux réalisables
Additionnez les occupations prévues pour repérer une surcharge évidente, puis placez chaque travail sur une ligne de temps. Un traitement indivisible de quatre heures ne tient pas dans deux trous de deux heures, sauf si une interruption et une reprise ont été validées. Deux travaux qui réclament simultanément le même disque ou la même personne peuvent aussi se gêner même lorsqu’il reste une carte disponible.
La documentation Slurm montre pourquoi le remplissage des créneaux dépend des durées et des ressources demandées : une tâche moins prioritaire peut démarrer si elle ne retarde pas le départ prévu d’une tâche prioritaire. Cette logique aide à lire votre plan ; elle n’annonce pas la présence de Slurm dans une offre Capordia. Toute utilisation d’un ordonnanceur suppose sa configuration réelle et une politique décidée par votre équipe.
Exemple fictif : trois projets dans deux journées
L’équipe fictive « Bureau des tracés » dispose, pour cet exercice, d’une seule carte utilisable de 9 h à 17 h pendant deux journées J1 et J2. Aucun traitement ne partage la carte et chaque occupation inclut chargement, calcul et export. Les durées suivantes sont des hypothèses pédagogiques : elles ne proviennent ni d’un GPU du catalogue ni d’un benchmark. La préparation commune occupe une heure au début de J1.
Atlas nécessite quatre heures et doit être remis avant J2 à 13 h. Balise nécessite trois heures ; ses entrées arrivent à J1 à 11 h et sa remise est prévue à J1 à 18 h. Cadastre nécessite cinq heures ; il devient prêt à J2 à 9 h et doit être remis avant 18 h. Le besoin vaut 4 + 3 + 5 = 12 heures. Avec une heure commune et trois heures laissées libres, le plan utilise les seize heures ouvertes.
| Créneau | Occupation prévue | Durée | Condition |
|---|---|---|---|
| J1, 9 h–10 h | Préparation et contrôle communs | 1 h | Entrées et versions disponibles |
| J1, 10 h–14 h | Atlas | 4 h | Travail prêt à 10 h |
| J1, 14 h–17 h | Balise | 3 h | Entrées reçues à 11 h |
| J2, 9 h–14 h | Cadastre | 5 h | Entrées reçues à 9 h |
| J2, 14 h–17 h | Réserve non attribuée | 3 h | Marge disponible seulement sur J2 |
Placer la marge avant le risque qu’elle doit absorber
Les trois heures libres représentent 25 % des douze heures de travaux. Ce pourcentage ne suffit pourtant pas à sécuriser Balise : sa marge se trouve le lendemain de sa remise. Si Atlas prend cinq heures au lieu de quatre, Balise ne peut pas terminer avant 17 h dans la fenêtre autorisée. Le plan tient sur le papier mais sa première journée reste fragile. Cette lecture est plus utile qu’un simple taux moyen de remplissage.
L’équipe peut alors déplacer Atlas en partie ou en totalité vers une autre fenêtre seulement si ses contraintes l’autorisent, obtenir une fenêtre supplémentaire ou réduire un périmètre accepté. Une seconde carte est une option à examiner, pas la conclusion automatique : elle doit être disponible, compatible et accompagnée des ressources hôtes nécessaires. Sans solution validée, le responsable modifie l’engagement du projet avant le lancement, plutôt que de baptiser « marge » une réserve inutilisable.
Arbitrer un conflit avec une règle annoncée
Préparez l’arbitrage avant que deux responsables réclament le même créneau. Une règle simple peut privilégier d’abord une échéance externe confirmée, puis un travail dont les entrées sont prêtes, puis l’ancienneté de la demande. Précisez qui peut déroger à cette règle et quelle équipe supportera le décalage. Une urgence doit avoir une conséquence explicite sur le plan, et non devenir une nouvelle priorité permanente pour son demandeur.
Conservez le calendrier de référence et la raison des changements : entrée arrivée tard, durée observée plus longue ou périmètre augmenté. Le guide sur la file de travaux traite la décision du prochain lancement ; le calendrier, lui, protège les échéances de plusieurs projets. Leur articulation permet d’expliquer pourquoi une carte momentanément libre n’est pas nécessairement disponible pour un long traitement supplémentaire.
Vérifier le plan et le réviser avec les bons écarts
Relisez une journée en avançant de créneau en créneau. Chaque départ doit avoir ses entrées, ses accès, sa capacité mémoire et son responsable disponibles. Contrôlez le transfert final et le temps de relecture avant la remise. Simulez ensuite le retard le plus plausible et vérifiez quelle marge l’absorbe réellement. Si une seule dérive fait manquer une échéance importante, présentez le plan comme conditionnel.
Après une exécution réelle, distinguez attente avant départ, occupation de la carte et délai jusqu’au résultat accepté. Corrigez la prochaine estimation avec cette décomposition. Un retard de transfert ne justifie pas à lui seul une carte plus puissante ; une préparation manuelle oubliée ne se corrige pas en augmentant la marge du calcul. Le suivi doit aider à supprimer la cause de l’écart, pas à chercher un responsable à partir d’un total isolé.
Relier le calendrier au forfait sans confondre les unités
Une journée de huit heures dans cet exemple est une fenêtre d’organisation, pas un tarif de huit heures. Le catalogue Capordia propose des périodes fixes de 3, 7 ou 30 jours et des prix par lot complet. Vérifiez séparément la durée de location, le nombre de cartes du lot et le calendrier de travail. Une carte supplémentaire n’efface ni la préparation ni la validation humaine.
Le livrable utile est un calendrier approuvé avec ses hypothèses, ses marges placées et ses décisions en cas d’écart. Il reste à confirmer avec les ressources effectivement fournies et un essai représentatif. Ne transformez ni les seize heures de l’exercice ni son pourcentage de réserve en délai garanti ou en règle universelle de dimensionnement.
Questions pour décider
Puis-je diviser les heures prévues par le nombre de GPU ?
Seulement si les travaux peuvent avancer en parallèle et si les autres ressources le permettent. Un traitement indivisible, une dépendance ou une étape de relecture peut limiter le calendrier. Faites apparaître ces contraintes avant de convertir des heures totales en nombre de cartes.
Quelle marge faut-il réserver ?
La marge dépend des écarts plausibles et de leur position dans le calendrier. Les trois heures de l’exemple sont fictives et ne protègent pas toutes les échéances. Placez une réserve avant la remise qu’elle doit sécuriser, puis justifiez-la avec vos observations.
Le planning remplace-t-il la réception de la machine ?
Non. Il suppose des ressources et une application utilisables. La réception doit vérifier cette hypothèse avant de considérer les créneaux comme exploitables. Si une condition reste inconnue, le calendrier doit conserver un statut provisoire et une décision de repli.